Happyculteurs : Interview avec Gilles Legat

Alessandra Food, Transformation organisationnelle 4 Comments

Il y a quelques semaines, nous avons rendu visite à nos abeilles et à celui qui prend soin de nos abeilles : Gilles Legat. Munis de nos carnets de notes et appareil photo, nous avons pris la voiture avec Julien et Elise pour aller rencontrer notre happyculteur préféré, qui, en fait, est aussi le papa de notre CEO.

Rencontre avec un Happyculteur

L'ancien instituteur ne parle pas le langage des abeilles - cependant parfois on a l'impression qu'il le comprend. C’est avec un enthousiasme et un émerveillement contagieux que Gilles nous a raconté son métier, les ruches, les abeilles et les humains. 

“Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d'émerveillement.”

Alessandra : Vous êtes le co-fondateur d'un rucher mutualisé. Pouvez-vous nous raconter d'où vient votre passion par les abeilles ?

Gilles : Enfant, je passais les vacances dans une ferme. Mon oncle avait des ruches traditionnelles, des caisses en bois. J’ai toujours vécu avec ce contact. En grandissant, naturellement j’ai eu envie d’avoir des abeilles. 

J’ai appris l’apiculture en lisant, mais surtout en allant au contact des autres... Il ne faut pas être seul quand on est jeune apiculteur, il faut être au contact des autres, comme les abeilles ! J’ai trouvé des gens et cela m’a permis de progresser. 

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Les abeilles communiquent-elles mieux que nous ?

Alessandra : Est-ce que c'est vrai que nos amies les abeilles communiquent mieux que nous ?

Gilles : Selon moi oui, les abeilles communiquent mieux que nous. Déjà, elles ont plus de sens que nous : elles communiquent par leurs phéromones, des substances chimiques qui agissent comme des messages.

Puis leurs fameuses danses qui permettent de donner des coordonnées mais aussi de communiquer des données quantitatives et qualitatives.

Enfin elles communiquent également par l’échange de nourriture... par exemple, si le miel est trop épais elles vont chercher de l’eau.

Lorsqu’elles doivent changer de lieu d’habitation, elles se rassemblent toutes, il y a une population de tout âge. Elles ramènent des provisions tandis que les jeunes abeilles produisent de la gelée royale pour nourrir les larves. Puis elles se serrent les unes contre les autres, en faisant vibrer les muscles du thorax afin de dégager de la chaleur. 

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Dans une ruche, les décisions ne sont pas prises par l’ego, mais par les besoins. À chaque âge les abeilles ont une mission. Au départ elles sont couveuses, prenant soin des larves. Elles captent par les signaux si une larve va mal, si elle a faim, de quelle nourriture a-t-elle besoin. S’il y a beaucoup de nectar à aller chercher, des abeilles qui ne sont pas habituellement butineuses le deviennent. Elles s’adaptent très facilement. Je ne suis pas certain que les entreprises savent réagir aux problèmes avec la même agilité.

Aidons les abeilles à voler !

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Alessandra : Nous avons eu peu de miel cette année. Pourquoi ?

Au-delà du fait que nous avons eu un printemps plus froid que d'habitude, cela fait des années que la récolte est en chute libre. Il y a une perte de biodiversité, cela s’effondre, sans parler des pesticides. On n’a plus de prairies fleuries, les haies disparaissent car si elles gênent, les paysans l'arrachent... En France, on a d’abord enlevé les haies, puis on les a replantées parce qu’on s’est aperçues qu’elles étaient importantes. 

On est entourés de maïs ici où nous sommes, c’est une région très pauvre. Les apiculteurs transportent même les ruches ailleurs... Pourtant, chaque petit français a appris à l’école l’importance de la biodiversité.

Alessandra : Quelle est la part de responsabilité de l'Etat, des entreprises et des individus, selon vous, lors que l'on sait qu'il manque des millions de colonies d'abeille en Europe ? Quelles actions chacun devrait prendre ?

Gilles : C’est totalement lié à l’agriculture. L’Europe doit modifier la PAC (Politique Agricole Commune), car elle est intensive, elle ne protège pas les sols et la biodiversité, il y a beaucoup de produits chimiques. Les abeilles n’ont plus leur place dans notre monde.

À l’échelle de chacun, on peut changer notre façon de vivre, notre consommation produit trop de carbone. En tant que consommateurs, on a des leviers pour réorganiser notre agriculture et économie. Manger des tomates en février, c’est ridicule. Pourquoi on n’attend pas l’été ? Par notre consommation, on peut obliger l’agriculture à évoluer. 

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Alessandra : À part KOSMOSS, d'autres entreprises peuvent-elles parrainer des ruches dans votre association ?

Gilles : Aujourd’hui, nous avons une vingtaine de ruches, on en a ici mais aussi chez nos clients, par exemple au toit des Ecole des Mines. On pourrait imaginer en accueillir encore 5, 6 ruches de plus. Donc oui, cela nous intéresserait dans le sens où, à l’origine, notre association a été créée pour que les abeilles volent !

Un grand merci à Gilles d'avoir accepté de nous partager sa passion le temps d’une après-midi et pour son travail de protéger nos abeilles.
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Brand Manager

Enthousiaste du storytelling. Curieuse de tous les sujets, surtout ceux touchant à l'humain et à la planète. Quand elle n'est pas en train d'écrire des articles pour le blog ou la newsletter, elle facilite quelques workshops auprès des clients. 

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Comments 4

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  1. En espérant que votre article soit largement lu et incite à laisser l’abeille à sa juste place.
    Dans deux mois, le printemps sera là et peut-être aurez-vous le temps de participer à la « visite » incontournable du mois de mars afin de juger de l’état des colonies.
    Merci à vous tous.

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