Les nouvelles technologies au service de l’humain

Alessandra Transformation organisationnelle Leave a Comment

800 millions de personnes perdront leur travail pour les automatisations d’ici 2030 (McKinsey Global Institute en 2017). Il s’agit d’un cinquième de tous les travailleurs du monde ! Ce chiffre n’est peut être pas si surprenant que cela, compte tenu de nos avancées technologiques de ces dernières décennies...
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Les compétences du futur 

Vous devez être en train de vous demander : "Mais alors, et le restant des emplois ?"

Des chercheurs de l’université d’Oxford ont analysé 702 métiers selon leur probabilité de disparition dû aux avancées technologiques. A l’aide de formules statistiques ils ont donné des notes entre 0 et 1 à ces métiers - la plus élevée la classification, le plus grand risque de disparition. 

Au-delà des résultats, dont je vous parlerai juste après, ce qui est intéressant dans cette étude, ce sont les critères utilisés par les chercheurs dans le classement : à quel point les métiers demandent de la créativité, de l’interaction sociale, la perception spatiale et des activités manuelles complexes

Les entreprises ont déjà commencé à se rendre compte de cette tendance... Linkedin, la plateforme professionnelle comptant plus de 675 millions de membres, réalise tous les ans un ranking des compétences recherchées par les recruteurs.

Il s’avère que la créativité et la collaboration se retrouvent en haut du classement depuis l’année dernière, et ce, dans tous les rôles de l’entreprise.

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Pour l’anecdote...

Les professions les plus susceptibles d'être informatisées, selon l'étude :

  • Souscripteur d'assurance (évaluateur des risques d'assurance)
  • Techniciens en mathématiques
  • Couturières manuelles
  • Réparateur de montres
  • Opérateurs de télémarketing

Les professions les moins susceptibles d'être informatisées, selon l'étude :

  • Thérapeutes récréatifs
  • Superviseurs, installateurs et réparateurs en mécanique
  • Directeurs de la gestion des urgences
  • Travailleurs sociaux spécialisés en santé mentale et toxicomanie
  • Professionnels de la santé auditive

Intelligence collective VS. Intelligence artificielle ?

Comment concevoir le futur de notre société en faisant cohabiter nos forces humaines et les forces artificielles ? Comment faire le trait d'union entre l'intelligence collective et l'intelligence artificielle (AI) ? 

Pour mettre les choses au clair, l’intelligence collective est ce qui se passe quand l’apport d’un groupe d’individus est plus important que la somme de ce qu’ils auraient pu faire tous seuls.

Ce concept a été créé par le philosophe français Pierre Levi qui défend l’idée que l’on soit tous unique, avec chacun des parcours uniques, ce qui fait que tout le monde est intelligent car il a cette vision du monde basée sur ses expériences. 

Cependant, cette intelligence n’est pas une invention humaine, elle est dans nos gènes. En effet, à l’époque de nos ancêtres préhistoriques, les individus ayant été exclus de leurs tribus survivaient difficilement dans l’environnement hostile. Peut être vient de là l’expression anglo-saxonne “ll faut tout un village pour élever un enfant.” ? Nous sommes plus forts, nous allons plus loin lorsque nous travaillons ensemble. 

Dans l'ère du digital, cette intelligence est encore plus puissante. Un exemple récent en est la série documentaire de Netflix “Diagnotic”, dans laquelle La Dr Lisa Sanders tente d'aider les patients atteints de maladies très rares en recherchant un diagnostic et une guérison, en partageant leur histoire sur internet afin de trouver d’autres personnes dispersées dans le monde entier qui ont déjà vécu le même problème.

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Dans la série Diagnostic, la Dre Lisa Sanders cherche des diagnostics de maladies mystérieuses, avec l'aide du public.

Les enseignements clé du webinar 

Lorsqu’il s’agit des entreprises, la révolution industrielle a complètement fait évoluer notre société. Cependant, tant d’années après, la plupart des entreprises reste silotée au même modèle créé à cet époque là.

A la création de notre agence, nous avions une forte croyance en cette intelligence collective au service des entreprises, et c’est la raison pour laquelle nos clients sont impliqués dans les projets, lors d’ateliers de co-création.

Malgré la croyance commune que la technologie s'oppose à l’intelligence collective, l’étude d’Oxford évoquée auparavant nous montre justement le contraire.

Chez Kosmoss, nous sommes convaincus que les entreprises, pour survivre, n’auront pas d’autres choix  que de trouver de nouvelles façons de résoudre leurs problèmes. C’est la raison pour laquelle nous avons invité pour un webinar cette semaine Charlotte Lischer, associée au sein de Catalix, une entreprise pionnière qui unit à la fois intelligence collective et artificielle.

Quelques mots sur Charlotte Lischer, partner Catalix

Après une dizaine d’années d'expérience dans des cabinets de transformation digitale pour accompagner les entreprises sur l’amélioration de l’expérience client ou encore la création de nouveaux produits et services, Charlotte Lischer a commencé à travailler dans la data et l’intelligence artificielle. Aujourd’hui elle est partner chez Catalix, société de formation et d'accompagnement spécialisée dans l'IA basée à Marseille.

En collaboration avec des experts très diversifiés (des docteurs, des étudiants, des startups et grandes boîtes), la société accompagne les entreprises sur l'implémentation de l’IA pour répondre à des enjeux business avec pour objectif d'améliorer l'expérience client et/ou d'optimiser la performance organisationnelle. 

Via des formations et l’accompagnement dans les projets, Charlotte et son équipe ont fait ce choix car pour eux  “l’IA ce n’est pas qu'une affaire de technologie mais bien une affaire d'Hommes avant tout”. Tout comme Kosmoss, ses équipes utilisent des méthodes innovantes pour faire émerger la créativité comme le lean startup, design thinking, learn by doing

Construire des intelligences artificielles au service de (et grâce à) l’humain

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On est aujourd'hui encore loin de l'hypothèse de la singularité technologique (hypothèse selon laquelle les machines dépasseraient l'intelligence humaine), même si l'IA peut apprendre, réaliser une tâche spécifique, et ce avec des performances croissantes. Aujourd'hui, elle ne peut pas être autonome et résoudre beaucoup de problèmes à la fois et il y a toujours un travail humain important réalisé à la base. C'est important également qu'en bout de chaîne, ce soit un humain qui puisse prendre la décision, déclencher l'action etc 

Ce qui différencie l’IA est le fait qu’elles apprennent seules avec de la donnée pour automatiser des tâches humaines. Contrairement à d’autres programmes informatiques, elle peut également réagir et percevoir le monde de façon plus complexe en traitant des données non structurées (textes, voix, images etc ...). Un exemple de l’utilisation de toutes ces capacités est la voiture autonome, dont on a tous entendu parler.  

Aujourd’hui notre société est mitigée vis à vis du sujet: 73% des français ont une bonne image de l’IA, cependant en questionnant les employés, les personnes ont peur pour leur emploi. On est tous plus ou moins dans ce paradoxe à se demander comment cette nouvelle technologie va cohabiter avec notre démocratie, notre liberté, etc.

Les étapes pour construire une IA pour les humains

  • Lorsqu’on décide d’utiliser l’IA dans un projet, on doit d’abord se demander en quoi cela va résoudre un problème rencontré par l’utilisateur.
  • Il est recommandé de mobiliser une équipe projet interdisciplinaire : des experts métier, des experts IT sans oublier d’intégrer l’utilisateur final.
  • Charlotte préconise également une approche agile et centrée sur l'utilisateur.
  • On doit aussi s'assurer que le projet respecte des valeurs éthiques vis à vis des utilisateurs et de la planète.
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Construire des IA responsables

Charlotte explique que si les données d’apprentissage sont biaisées, comme était le cas récemment chez Amazon lorsque le géant du e-commerce a décidé d'utiliser l'IA dans leur processus de recrutement, le résultat peut être catastrophique. Pour que cela soit inclusif et accessible à tous, le projet doit prendre en compte la diversité de notre société dès le départ.

Un autre point important est la transparence. Le Deep Learning permet d’avoir des milliards de paramètres et donc des modèles extrêmement complexes. En contrepartie, si on ne fait pas les bons choix dès le départ on peut se retrouver avec une IA qui produit des résultats que l'on ne peut pas expliquer.

Les équipes doivent bien évidemment s'assurer que l'IA respecte les données personnelles, dans le sens de notre citoyenneté et de notre démocratie. Puis il y a la notion de responsabilité : qui est responsable de l’IA ? Cela appelle un périmètre légal qui doit encore se clarifier.

Dans les entreprises, cela implique d'accompagner les collaborateurs dans le changement de leurs métiers. Ils vont pouvoir déléguer certaines tâches à l'IA et auront donc l'opportunité de développer des nouvelles compétences. La condition étant que la culture de l'entreprise soit favorable à cette plus grande autonomie des équipes !

Enfin, pour Charlotte, l’IA doit être au service du vivant au sens large et donc les entreprises doivent réfléchir à l’impact environnemental. Heureusement il existe des stratégies eco-friendly comme par exemple des choix algorithmiques moins gourmands en calcul ou encore valoriser la chaleur créée par les data centers…

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Cet article a été co-construit avec Charlotte Lischer que nous remercions
vivement pour sa collaboration.

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Brand Manager

Enthousiaste du storytelling. Curieuse de tous les sujets, surtout ceux touchant à l'humain et à la planète. Quand elle n'est pas en train d'écrire des articles pour le blog ou la newsletter, elle facilite quelques workshops auprès des clients. 

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